Agriculture nordique : le Cégep de Victoriaville contribue à un nouveau projet

10 février 2026

Un projet de recherche d’envergure visant à améliorer l’autonomie alimentaire des territoires nordiques du Québec tout en réduisant l’empreinte carbone vient d’obtenir un financement de 555 000 $ du Fonds de recherche du Québec, dans le cadre du Programme Défi décarbonation. Au cœur de ce projet, deux centres collégiaux de transfert de technologie affiliés au Cégep de Victoriaville, le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) et le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+), mettront à profit leur expertise complémentaire en agronomie et innovation sociale.

Intitulé « Agriculture en environnement contrôlé en territoire nordique : innovations sociales et techniques pour décarboner les systèmes alimentaires », ce projet de recherche collaborative est dirigé par le professeur Didier Haillot, de l’École de technologie supérieure (ÉTS) et implique également l’Université Laval ainsi qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Des solutions coconstruites avec les communautés autochtones
L’objectif du projet est de concevoir, de concert avec les communautés Inuit et Innue du Nunavik et de la Côte-Nord (Salluit, Kuujjuaq et Matimekush), des espaces d’agriculture en environnement contrôlé adaptés aux réalités nordiques. Pour y parvenir, l’équipe de recherche mise sur une approche de coconstruction où tous les savoirs sont mis en commun. Les solutions codéveloppées pourront soutenir une production locale de fruits et légumes, en tenant compte des ressources disponibles, des enjeux énergétiques et des priorités exprimées par les communautés.

L’expertise du Cégep de Victoriaville au cœur du projet
Au CISA, les chercheurs Armelle Lorcy et Sam Chauvette, assistés de Mouna Mannai, joueront un rôle central dans la collaboration avec les communautés participantes, invitées à s’impliquer à toutes les étapes du projet. Ensemble, ils codévelopperont des formations sur mesure, en y intégrant des connaissances et des pratiques que les communautés souhaitent partager. Le CISA pilotera également avec l’ÉTS l’analyse du cycle de vie des technologies et des méthodes de culture proposées, afin d’en mesurer l’impact environnemental.

De son côté, le CETAB+, par l’entremise de Charlotte Giard-Laliberté, travaillera à adapter les pratiques agronomiques au contexte nordique. Des essais porteront notamment sur l’utilisation de ressources locales pour les substrats de culture, afin de réduire la dépendance aux intrants importés et de proposer des solutions concrètes et reproductibles.

Ce nouveau mandat commun fait écho au précédent projet du CISA « Les serres nordiques : état des connaissances et perspectives d’innovation pour décarboner les systèmes alimentaires nordiques », réalisé en 2024.

Un terrain fertile pour la relève scientifique
Le projet permettra aussi de former la relève et de développer le leadership scientifique de cinq étudiantes ou étudiants aux cycles supérieurs, dont un au doctorat. La participation de personnes étudiantes d’origine Inuit et Innue sera également sollicitée, afin d’ancrer davantage les travaux dans les réalités socioculturelles et environnementales des territoires concernés. Les chercheurs du CISA contribueront à leur encadrement en codirigeant quatre recherches appliquées.

« Assumer un rôle de codirection dans ce projet illustre la reconnaissance de l’expertise scientifique du Cégep de Victoriaville et de ses centres, ainsi que leur capacité à contribuer à des projets de recherche appliquée ayant des retombées concrètes pour, et avec, les communautés », souligne le directeur général du Cégep de Victoriaville, Denis Deschamps.